Maternité : la bataille continue!

Au mois de juin dernier, Fouad Kharrab et moi-même avions pris l’initiative d’écrire une tribune sur l’avenir de l’hôpital et de la maternité de Clermont. Nous disions à quel point la menace de fermeture de la maternité nous scandalisait et en quoi cette décision mettrait en jeu l’avenir des clermontois, notamment les jeunes générations qui auront à subir cette décision néfaste.

Nous avons depuis joint nos forces au comité de défense des deux hôpitaux du clermontois qui a le mérite de batailler depuis 2009 pour maintenir un secteur hospitalier public de proximité sur notre territoire. Nous y participons pour une raison essentielle : ne rien dire, ne rien faire, attendre et rester aux abonnés absents revient en dernier ressort à consentir à la fermeture de la maternité.

Le 15 octobre à 17 heures une manifestation était organisée pour la défense de la maternité. Une campagne d’information a été mise en place, à laquelle nous avons pris part, pour informer la population. Le résultat ? La mobilisation de 200 personnes. Pour quelqu’un connaissant les nouveaux rythmes de vie, la mobilisation de 200 personnes à 17 heures un soir de semaine est plutôt une réussite. Pas extraordinaire certes, mais encourageante.

Au même moment, la « Secrétaire d’État chargée de la Famille, de l’Enfance, des Personnes âgées, et de l’Autonomie», Laurence Rossignol était en visite à l’hôpital de Clermont. Durant cette visite, il ne fut pas question de la maternité sur laquelle toutes les inquiétudes se portent, mais des urgences. Ces dernières seraient, selon Laurence Rossignol, destinataires d’une enveloppe de 7 millions d’euros, dont 700 000 euros dès l’an prochain.

Faut-il être sceptique et pessimiste au sujet de cette annonce ? Pas certain. Faut-il être vigilant et prudent ? Évidemment. Si 700 000 euros sont bien débloqués pour les urgences dès l’an prochain, à quel moment les 6 300 000 euros restants le seront-ils ? Si 7 millions d’euros sont débloqués pour les urgences alors tant mieux, mais il faudra veiller à ce que les engagements pris soient concrètement tenus et pas reportés aux calendes grecques, post élections présidentielles.

IMG_5564Ces 7 millions potentiels sauvent-ils pour autant la maternité ? Non. Avant tout parce que Laurence Rossignol n’a pris aucun engagement sur la maternité. Simplement a-t-elle répondu à une question sur la possible fermeture de la maternité : « Nous n’avons rien dit à ce sujet». Oui, c’est bien le problème, le maintien de la maternité n’a pas été signalé. Aucun élément concret ne peut aujourd’hui assurer les clermontois de sa pérennité.

De surcroit, le contexte général n’est pas réjouissant. Le gouvernement poursuit une politique d’asphyxie budgétaire (commencée par feu l’UMP) à tous les niveaux, notamment celui de l’hôpital public. Ainsi la Ministre de la Santé a-t-elle annoncé quelque trois milliards d’euros « d’économies », dont 860 millions issus de la « maîtrise de la masse salariale », ce qui doit se traduire par la suppression de 22.000 postes.

C’est pourquoi le combat pour le secteur hospitalier et la maternité de Clermont continue. Il doit continuer ! D’autant que nos adversaires, notamment l’ARS, ne cessent de mettre des obstacles à cette lutte, en perpétuant les lenteurs, en éternisant les difficultés. La bureaucratie est un pouvoir gigantesque mis en mouvement par des nains disait Balzac.

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Parmi ces adversaires il s’en trouve un plutôt surprenant : le Directeur de la polyclinique Saint Côme à Compiègne. Du haut de sa polyclinique, le Directeur s’épouvante de l’existence de notre maternité. Le nombre d’accouchements y serait trop faible et elle coûterait trop cher. Quelle trouvaille ! Voilà des années que des menaces pèsent sur celle-ci, que les fonds utiles au développement de l’hôpital sont bloqués, que l’ARS laisse entendre que la maternité peut fermer à terme. Comment dans ce cas encourager les femmes à y accoucher ? Cela revient à demander à un coureur cycliste de monter le Ventoux avec une remorque de 10 tonnes.

Au-delà du dogmatisme fiscalo-libéral de cette attaque, cela révèle une forme de mépris pour tout ce qui n’est pas purement urbain. Il y aurait Compiègne, Beauvais et Creil, mais rien d’autre. Pas de vie possible en dehors de ces communes urbaines, pas d’infrastructures, pas de services publics.

À l’inverse, il faut nous battre pour des services publics de proximité dans ce secteur dynamique du centre-Oise. Il faut continuer la bataille contre les décisions absurdes qui étouffent les territoires péri-urbains. Cette bataille elle se mène maintenant !

Gare de Clermont : des modifications d’horaires qui posent problème

Je suis un usager très régulier du ter, doublé d’un farouche défenseur du service public. C’est pourquoi j’ai pris connaissance, avec grand intérêt, de l’action menée par le collectif «SNCFvamtuer ».

Si je ne partage pas l’idée induite par l’intitulé du collectif que ce soit la SNCF qui nous « tue », mais plutôt les dirigeants de celle-ci à l’appui des consignes du gouvernement, et d’une vision économique ringarde, il faut reconnaitre que la démarche est utile et pertinente.

Elle permet d’éclairer, de manière documentée et précise, les conséquences de la dégradation du Service public ferroviaire sur le quotidien des usagers et de leurs familles.

En l’espèce, à compter de décembre 2014, les horaires changent pour toutes les gares au nord de Creil, dont la gare20140710-143639-52599247.jpg de notre commune Clermont-de-l’Oise.

Dans un tract, le collectif alerte sur les conséquences de ces modifications à Clermont : des horaires décalés de 30 minutes, aller et retour, un cadencement inadapté aux heures de bureau, et des trous d’offre (aucun train entre 18h07 et 19h04).

Tout cela vient s’ajouter, à une échelle plus globale, à des suppressions de contrôleurs sur certaines lignes (dont Paris-Beauvais), la suppression de l’accueil physique dans certaines gares, voire la suppression pure et simple de gares.

C’est un plan d’ensemble : celui de la réduction du Service public ferroviaire, qui doit, comme l’a confirmé le gouvernement dans son programme national de réforme, conduire à moyen terme, à une privatisation du rail.

Cette privatisation du rail, nous pouvons en mesurer les conséquences à l’étranger, notamment en Angleterre : moins de trains, des voyages qui coûtent plus chers, l’orientation vers les seules et uniques lignes « rentables », et une sécurité plus que laborieuse.

Beaucoup en Europe qui ont expérimenté la privatisation, souhaitent un retour de la puissance publique. C’est le cas en Suède où 70 % de suédois sont favorables au retour d’un monopole d’Etat sur les chemins de fer, un score qui monte à 84 % chez les personnes âgées et à 81 % chez les habitants du nord du pays.

Il s’agit d’un besoin élémentaire : se déplacer, se rendre sur son lieu de travail, assis, en un temps acceptable. La SNCF peut et sait faire. Il faut qu’elle en ait les moyens.

Plus d’informations sur le site du collectif : http://sncfvamtuer.wordpress.com

La Picardie dans 20 ans, ça pourrait être le paradis!

La région Picardie, oui, en effet, traverse des difficultés économiques. Il suffirait de comptabiliser le nombre d’emplois industriels perdus depuis 1990 pour s’en rendre compte. Cela dit, il serait excessif de sombrer dans un catastrophisme territorial, focalisant sur nos difficultés. Nous avons des atouts, qui, très probablement, seront décisifs à moyen ou long terme. Je sais, qu’aujourd’hui, à cet instant, cela pourra faire sourire d’aucuns, qui connaissent peu la Picardie, et qui ne se projettent pas à l’appui d’une réflexion globale, mais la région Picardie, si elle existe encore dans 15 ans (je le souhaite !) peut s’en sortir. C’est en m’intéressant aux travaux de Laurent Davezies que j’ai confirmé, ce que j’avais compris intuitivement il y a plusieurs années. Depuis 2000, on mesure que ceux qui quittent les villes le font pour une quête de qualité de vie. Cette dernière se trouvera dans des régions relativement bien équipées en termes d’infrastructures, de moyens de transports, d’accès à des réseaux de télécommunications. Ce sont les anciens territoires industriels situés dans le nord-est français. Ils sont « au cœur de l’Europe » comme le souligne Laurent Davezies, proches des grands centres économiques, et disposent de nombreuses infrastructures grâce à un siècle et demi d’urbanisation et d’équipement. Nous disposons aussi d’une force: le logement, chez nous, n’est pas cher (comparativement à la région parisienne). Dans 15 à 20 ans ce besoin nouveau, plus important, aura atteint un seuil critique : le besoin d’espace. L’espace dans les grandes villes dynamiques étant très cher, nos valeurs foncières et immobilières sont des atouts considérables. Cela intéressera les retraités qui vont connaître (hélas) une baisse de leur pouvoir d’achat dans les années à venir. Le « faible » coût du foncier, à l’appui d’un taux d’équipement relativement satisfaisant attirera aussi les travailleurs indépendants, dont l’augmentation se fait jour depuis 10 ans. Ces travailleurs exercent chez eux, qu’ils soient intellectuels, artisans ou professionnels d’internet. Nous devrions y réfléchir sérieusement. D’autant plus que nous le savons désormais, les métropoles –souvent vantées– assurent, certes, la croissance, mais pas le développement : en somme, les indicateurs (solde migratoire, revenu, emploi, pauvreté) soulignent que le groupe Paris, Lyon, Lille et Marseille ne se porte pas si bien que cela. Le développement se fait ailleurs, en « régions » comme on dit précautionneusement, dans les « territoires ». Ainsi, aux métropoles la croissance, aux territoires le développement. Cela posera d’autres problèmes c’est vrai, car il faudra maintenir un ratio population/équipement suffisant pour endiguer le risque de cité-dortoir, et surtout maintenir la mixité sociale. Ce s20140703-171643-62203827.jpgera dur, ne nous le cachons pas, si les contraintes budgétaires absurdes que le gouvernement (et les prochains) impose ne cessent pas (11 milliards d’euros en moins dans les caisses des collectivités d’ici à 2017). Les deux tendances précitées devraient, à tout le moins faire cesser les ricanements de ceux qui du haut de leur métropole, méprisent les régions « rurales » ou équilibrées. N’enterrons pas trop vite la Picardie. Changeons de prisme ! Et surtout, considérons le moyen, et long terme. Anticiper, lorsqu’il s’agit de réfléchir à l’organisation des territoires est un exercice indispensable. Ainsi, pourquoi ne pas s’appuyer sur l’indicateur de santé sociale, mis en place par des universitaires lillois (Clersé Lille 1) pour mesurer le « bien-être économique » de nos régions, et décider en fonction de ce dernier, quels doivent être les moyens à affecter à ces dernières. De ce point de vue, il apparait que la Picardie ne s’est pas faite assez entendre. Il aurait fallu crier notre colère. Aujourd’hui certains territoires ne vont pas trop mal (et c’est heureux), mais se plaignent beaucoup (je pense à la Bretagne, que j’aime par ailleurs énormément), alors que nous autres, dans le nord-est, sommes fortement pénalisés pour le moment. Nous n’avons pas, nous (encore une fois : pour le moment), d’économie résidentielle, notre industrie s’effondre et l’emploi public s’est affaibli avec le départ de multiples casernes (Compiègne et Noyon pour prendre deux exemples très locaux). Nous sommes les plus dépendants des fonds publics et pourtant les moins entendus. Dans l’absolu, la situation économique et sociale de la Picardie aurait pu justifier que le gouvernement opère un moratoire dans notre région, des baisses de dotations. Ces baisses de dotations, c’est nous qu’elles vont le plus pénaliser, ainsi que des régions comme les Pyrénées-Orientales ou le Limousin. La question d’un équilibrage entre régions doit être posée. La question des moyens surtout. Car les atouts dont je parlais précédemment nécessitent, pour que nous en profitions tous, que des politiques publiques soient mises en place. Justement, nous pouvons penser, à l’appui du pôle Compiègne-Soissons, qui est appelé à devenir ce nord-est « cœur d’Europe » (dont le rayonnement géographique pourra supplanter celui d’Amiens), notamment grâce au Canal Seine-Nord Europe, que le développement interdépartemental est nécessaire. Je me suis récemment laissé aller à un rêve fou : celui de la réalisation d’une ligne ferroviaire Beauvais-Compiègne-Soissons. Cette ligne relierait le Soissonnais et le Compiégnois à l’aéroport de Beauvais en 1 heure maximum, augmenterait les échanges entre l’Aisne et l’Oise, assurerait un développement horizontal de notre territoire, agissant comme un « multiplicateur régional », développant une ou plusieurs activités motrices. C’est important, jusque-là, notre région, nos départements, souffrent de n’être reliés que verticalement, car après l’achèvement du réseau ferroviaire après-guerre, les liaisons aboutissant à Paris ont continué d’être largement favorisées par rapport aux liaisons inter-régionales. C’est de bon sens toutefois, car nous allons vers Paris pour l’activité. Mais il faudra maintenant équilibrer et développer l’horizontalité picarde. Cela se justifie économiquement, et écologiquement : relier les pôles à l’aéroport, diminuer le transport routier individuel, mais pas seulement. Nous devons nous appuyer sur une autre force (assez méconnue de notre région) : notre patrimoine historique, et naturel. Nous sommes une région qui peut se targuer de posséder des châteaux, des parcs régionaux, des forêts, des lieux de mémoire et d’Histoire (grande guerre) et un accès à la mer. Ce n’est pas rien. Il y a donc une marge à exploiter : le tourisme de proximité. De proximité parce qu’il faut envisager un monde où la ressource énergétique est contrainte (c’est crédible et physiquement concret maintenant), De proximité car les difficultés économiques à venir vont nous faire préférer, bien souvent, le tourisme local aux vacances à l’étranger. De proximité car la croissance pour le pétrole étant nulle, et bientôt nulle pour le gaz, l’énergie disponible (réalité physique tangible, c’est du sérieux) va diminuer, et son coût, dans le même temps, augmenter. Nous serons contraints de limiter les déplacements, et de mutualiser le transport, car la mobilité, que nous le voulions ou non, est étroitement corrélée au prix de l’énergie. D’aucuns peuvent penser que nous trouverons « d’ici-là » d’autres énergies, mais des ingénieurs et des scientifiques reconnus (comme Jean-Marc Jancovici) estiment que le ratio nouvelle énergie (type solaire ou je ne sais quoi)/rendement nécessaire (pour maintenir notre train de vie actuel) ne pourra, quoi qu’il arrive (miracle compris !) pas remplacer le pétrole. Il n’est pas non plus absurde de penser que dans ce contexte où l’énergie disponible par personne est moindre, les unités de production, comme le signale Jancovici, vont devenir plus petites, et s’approvisionner sur des zones plus restreintes, limiter les échanges physiques et desservir des populations plus locales. Tout cela rejoint la réflexion sur les « coûts de transactions » dont l’importance, bien plus grande que le fameux « coût du travail » (en réalité « prix » de la force de travail) est éclairée par le prix Nobel d’économie Paul Krugman. Ces coûts de transaction sont la clé du développement économique pour la décennie à venir. C’est simple, cela veut dire qu’une production devra pouvoir réduire le temps et l’incertitude. Exemple : une entreprise pointue à Compiègne voit un ingénieur partir. Il faudrait 3 mois dans la Creuse pour le remplacer, puis 6 mois pour former son remplaçant. Or, dans le nord-est, près de Paris, l’entreprise trouve tout de suite quelqu’un de formé (d’où la nécessité d’exploiter le ration coût du foncier/taux d’’équipement favorable chez nous). C’est donc l’avant-garde que de parier sur cette « horizontalité territoriale ». En Picardie, quelles lignes ferroviaires nouvelles ont été installées depuis 1980-1990 ? Sauf erreur de ma part très peu. De même ce sont les 40 000 km de routes entièrement refaites sous Louis XV qui constituent l’essentiel de notre réseau national. Est-ce satisfaisant de devoir rouler 20 min pour rejoindre une commune distante de 15 km ? Vraisemblablement pas. Le débat est là : les moyens, la mutualisation pour réaliser, pour anticiper les évolutions, pour rapprocher les citoyens les uns des autres, pour rompre l’isolement. Il y a probablement des dizaines de projets, certes coûteux, mais diablement nécessaires pour notre développement, à l’inverse de cette logique de la contraction budgétaire absolue et inconditionnelle, dont le réel indique d’ailleurs qu’elle augmente les maux qu’elle prétend guérir. Nous devrions interroger la DATAR (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale) à ce sujet, en tout cas, ses responsables et les Ministres de tutelle, sur les outils mis à disposition de notre région, pour enrayer le saccage industriel dont nous avons été victimes. Il faut sonner l’alerte et solliciter ceux qui sont acteurs de l’aménagement du territoire, pour les prendre à témoin. Il y a des choses à dire, et surtout à débattre. Par principe, une réforme territoriale comme celle avancée par le gouvernement devrait faire l’objet de débats publics réguliers pendant au moins une année. Ils nous mettent au pied du mur, et nous surprennent par l’urgence. La France, et les français, en sortiront désabusés. Encore plus qu’ils ne le sont aujourd’hui. Pour ma part, l’élu clermontois que je suis, soissonnais de naissance et descendant de compiègnois, je ne peux pas me résoudre à l’obéissance passive vis-à-vis d’un centralisme parisien, non plus jacobin, mais purement libéral. C’est la dictature de Paris que je refuse. Cela dit, cela ne fait pas de moi un régionaliste. Je crois au couple Commune-Département, lieux de vie qui font sens pour les français. J’estime d’ailleurs nécessaire de réduire la région aux enjeux tendanciels susmentionnés (tourisme, transport, aménagement), et pourquoi pas, de développer une région qui serait un syndicat de départements. Cette région-syndicat de départements pourrait être dotée d’une caisse régionale d’équipement, alimentée par les contributions de l’Etat, des départements, et de la caisse des dépôts, et servirait, au développement routier, à la construction d’universités, d’équipements culturels et sportifs, entre autres. Nous pourrions également imaginer une société de développement de la Picardie, nous permettant de nous émanciper des marchés financiers en mobilisant l’épargne des citoyens de Picardie au profit d’activités régionales (Histoire, patrimoine, liaisons douces, etc.). L’imagination ne manque pas. La démocratie locale doit vivre.

Conseil municipal du 12 juin : retour

Je participais le 12 juin dernier, salle Fernel de l’Hôtel de Ville, au Conseil municipal. Cela va devenir une habitude : je vous rendrai compte de mes votes et des enjeux des conseils, ici sur ce blog.

D’abord un mot sur le dossier le plus important de ce conseil : l’aménagement de la ZAC des Marettes. Cette opération menée avec la SAO (société d’aménagement de l’Oise – Conseil général de l’Oise) concerne l’aménagement du quartier de la gare qui occupe une place privilégiée en entrée de ville. Chacun peut s’accorder sur le nécessaire aménagement de ce quartier. D’abord parce qu’il est nécessaire de vitaliser notre gare et son environnement, mais surtout parce que nous avons le devoir d’en faire un véritable pôle d’échange, à la mesure de notre position dans le département.

Bien entendu, tout projet d’aménagement doit être construit avec une vigilance absolue. D’abord pour l’impact qu’il peut avoir sur la circulation, l’habitat, la qualité de vie, etc., il en va du visage de la commune. Ici le projet prévoit à terme de proposer une offre de logements diversifiée à l’appui d’une véritable mixité sociale, de requalifier l’environnement, d’apporter une nouvelle offre de stationnement, une nouvelle offre commerciale, et pourquoi pas d’y encourager l’installation d’une maison de santé.

J’ai voté en faveur de ce projet parce qu’il témoigne d’une volonté de mettre en mouvement la commune, sans que rien ne soit figé, ni fixé à l’avance. Il sera discuté, amendé, modifié au fil du temps. Les habitants seront associés et régulièrement consultés. A ce titre, la majorité s’est d’ores-et-déjà engagé à maintenir la cohérence du nouveau quartier au regard du tissu urbain existant, à créer de nouveaux espaces publics et à organiser la circulation à l’appui du réseau existant.

Je serai moi-même très attentif (comme tous mes collègues de la majorité) à ce que les engagements pris correspondent bien à l’évolution du projet. Il faudra veiller particulièrement selon moi à l’impact sur les équipements existants, et aux problèmes liés à la circulation.

20140618-135332-50012264.jpgLe conseil municipal aura également été l’occasion de débattre d’une motion sur la fusion de la région Picardie. Cette motion était présentée au nom de la majorité à mon initiative. L’Oise hebdo a en rendu compte, et plus brièvement le Bonhomme picard.

Cette motion que j’avais l’honneur de défendre avait un objectif simple : prendre une position claire et nette sur la fusion entre la Picardie et la Champagne-Ardenne, mais aussi sur la suppression des départements en 2020.

J’ai développé un argumentaire détaillé, dans mes deux derniers articles sur la question. A travers la motion l’essentiel était de dire que la fusion proposée était autoritaire et aboutissait à une monstruosité technocratique, que saper l’investissement public et les collectivités ne ferait qu’aggraver nos difficultés économiques, et que la démocratie locale en souffrirait de par l’éloignement du centre de décision.

La motion a été adoptée à la majorité. Quelques membres de notre majorité (4) se sont abstenus. L’UDI s’est abstenu, incapable de débattre du fond de la motion, quant à l’UMP son leader clermontois a déclaré ne pas être hostile à une fusion avec la Champagne-Ardenne.

Les choses sont désormais claires.

La question picarde dans le détail

20140611-180428-65068625.jpgPropos liminaire : Je ne suis pas un « régionaliste » au contraire. Je m’en suis expliqué dans mon précédent article.

Je connais bien la Picardie. Et je connais bien la Champagne-Ardenne. Je suis né à Soissons, comme ma mère avant moi. Mon père, lui, est né à Compiègne. Une partie de ma famille y est d’ailleurs encore installée dans l’Oise, au nord de Compiègne, et l’autre partie dans l’Aisne, à Soissons. J’ai vécu une année à Saint-Quentin, et joué pour son club de basket si populaire le SQBB. J’ai vécu aussi dans la Marne, à Châlons-en-Champagne, où j’ai joué là-aussi pour un club de basket réputé, l’Espé basket, pendant une année. Aujourd’hui je suis élu de Clermont-de-l’Oise.

Je sais que les soissonnais sont tournés vers Reims, j’ai vu de nombreux camarades partir y étudier. Je sais que le week-end est propice pour ceux-là à une virée commerciale chez Ikéa, ou dans le centre-ville aux galeries commerciales. Je sais aussi que les soissonnais prennent le train pour se rendre sur leur lieu de travail à Paris, assez bien reliée en TER (un peu plus d’1 heure). Je sais que Saint-Quentin, dans l’Aisne, n’a que très peu de liens avec Soissons, pourtant dans le même département. De fait, aucune ligne TER ne relie Soissons à Saint-Quentin de manière directe. Il est plus aisé d’aller à Saint-Quentin de Compiègne, que d’aller à Saint-Quentin de Soissons. Saint-Quentin c’est déjà le nord, quand Soissons est la « plaine de Paris », au même titre que Château-Thierry. Je sais que Clermont-de-l’Oise vit entre deux cœurs : l’amiénois, et Paris. Je sais aussi que Clermont ne se vit comme loin de rien, ou plutôt comme proche de tout, mais au cœur de la Picardie : partagé entre le plateau picard rural, et le sud de l’Oise très urbain. C’est un pôle d’équilibre.

Voyez, il y a 100 réalités, pour 100 territoires, et 100 populations aux besoins divergents. Un habitant de l’Ouest de l’Oise pourrait vous dire à quel point il est normand, un habitant du sud de l’Oise pourrait vous affirmer que pour lui, la vie est à Paris, un habitant du nord de l’Oise déclarerait facilement sa flamme au Nord – Pas de Calais, quand un habitant de l’est du département partagerait son cœur entre Paris et l’Aisne, département avec lequel nous partageons une rivière. Et il en va de même de tous les départements picards, au moins l’Aisne et l’Oise comme je l’ai montré. Mais tous, tiennent à une forme d’équilibre me semble-t-il. Cet équilibre, il n’est pas constitué sur un espace territorial totalement cohérent c’est vrai. Entre les plaines du Nord, et les plaines de Paris les différences sont nombreuses. Mais globalement, chacun est d’accord pour préserver la communauté d’intérêts picards constituée pour pourvoir Amiens de l’Aisne et de l’Oise et résister au fort attrait de Paris et de sa région. Chacun est d’’accord pour défendre la vitalité rurale, adossée parfois à des centres urbains. En gros, chacun est d’accord pour dire que, non, tout ne se résume pas à Paris.

Si la Picardie actuelle ne recoupe pas une « culture » Picarde historique totale, on ne peut nier qu’une culture picarde se soit constituée depuis les années 1960. D’ailleurs le problème n’est pas réellement là, car à trop chercher la cohérence culturelle on crève de différentialisme et de combats identitaires dépassés. Non le problème c’est qu’un modèle alternatif, mais néanmoins voisin de celui de la région parisienne aurait pu être initié, mais qu’il ne l’a été que très insuffisamment. Depuis 1960, les investissements structurants pour relier les territoires entre eux sont rares voire inexistants compte tenu des casses industrielles et de la pauvreté tendancielle en Picardie.. Je pense au rail. Si ma commune Clermont est très bien reliée, il en va différemment de Beauvais, par laquelle la ville de Compiègne est inaccessible en TER, comme Clermont d’ailleurs. Aussi, il est impossible en TER de se rendre de Soissons à Compiègne, communes pourtant peu éloignées.

Tout cela conduit à un constat : l’Etat n’investit plus. Non, il n’investit plus. Ce sont les collectivités territoriales qui ont pris le relai, augmentées de nouvelles compétences, mais amoindries sans cesse de ressources financières. Cela nous amène à une situation déplorable qui voit les très gros centres urbains, les métropoles se développer (cf. le tram de Reims, cf. le TGV Paris-Reims, cf. le développement du Grand Lille, cf. le Grand Paris), et la ruralité mourir lentement du fait de la dévitalisation des villes moyennes.

Voilà la France des pôles, de régions plus grandes que le Danemark ou la Belgique. France du tout urbain forcé, alors que notre nature est à l’équilibre entre l’urbain et le rural. Cette France que l’on dessine à l’appui de la nouvelle carte régionale est absurde. Elle est de court-terme. De court-terme car cette carte, monstruosité technocratique méprisable, élude le réel. Le réel : la contrainte de l’approvisionnement énergétique qui va grandissante. Cette réalité à venir, éclairée brillamment par Jean-Marc Jancovici : les logements d’aujourd’hui ne sont pas situés là où seront les emplois de demain. De fait, la croissance potentielle pour le pétrole étant nul, et bientôt nul pour le gaz, le prix de l’énergie par conséquent ira croissant. Dans les 30 ou 40 prochaines années, les unités de production vont devenir plus petites et s’approvisionner sur des zones géographiques plus restreintes, prendre en charge un nombre plus important d’étapes de transformation pour limiter les échanges physiques et desservir des populations plus locales. A cet égard, aucune réflexion sérieuse n’a été menée sur l’impact du Canal Seine-Nord attendu depuis des lustres, et qui modifiera très certainement les bassins de vie et d’emploi.

Tout cela mérite au moins réflexion. Une carte régionale bâclée à Paris dans le contexte mérite par principe d’être rejetée.