Maternité : la bataille continue!

Au mois de juin dernier, Fouad Kharrab et moi-même avions pris l’initiative d’écrire une tribune sur l’avenir de l’hôpital et de la maternité de Clermont. Nous disions à quel point la menace de fermeture de la maternité nous scandalisait et en quoi cette décision mettrait en jeu l’avenir des clermontois, notamment les jeunes générations qui auront à subir cette décision néfaste.

Nous avons depuis joint nos forces au comité de défense des deux hôpitaux du clermontois qui a le mérite de batailler depuis 2009 pour maintenir un secteur hospitalier public de proximité sur notre territoire. Nous y participons pour une raison essentielle : ne rien dire, ne rien faire, attendre et rester aux abonnés absents revient en dernier ressort à consentir à la fermeture de la maternité.

Le 15 octobre à 17 heures une manifestation était organisée pour la défense de la maternité. Une campagne d’information a été mise en place, à laquelle nous avons pris part, pour informer la population. Le résultat ? La mobilisation de 200 personnes. Pour quelqu’un connaissant les nouveaux rythmes de vie, la mobilisation de 200 personnes à 17 heures un soir de semaine est plutôt une réussite. Pas extraordinaire certes, mais encourageante.

Au même moment, la « Secrétaire d’État chargée de la Famille, de l’Enfance, des Personnes âgées, et de l’Autonomie», Laurence Rossignol était en visite à l’hôpital de Clermont. Durant cette visite, il ne fut pas question de la maternité sur laquelle toutes les inquiétudes se portent, mais des urgences. Ces dernières seraient, selon Laurence Rossignol, destinataires d’une enveloppe de 7 millions d’euros, dont 700 000 euros dès l’an prochain.

Faut-il être sceptique et pessimiste au sujet de cette annonce ? Pas certain. Faut-il être vigilant et prudent ? Évidemment. Si 700 000 euros sont bien débloqués pour les urgences dès l’an prochain, à quel moment les 6 300 000 euros restants le seront-ils ? Si 7 millions d’euros sont débloqués pour les urgences alors tant mieux, mais il faudra veiller à ce que les engagements pris soient concrètement tenus et pas reportés aux calendes grecques, post élections présidentielles.

IMG_5564Ces 7 millions potentiels sauvent-ils pour autant la maternité ? Non. Avant tout parce que Laurence Rossignol n’a pris aucun engagement sur la maternité. Simplement a-t-elle répondu à une question sur la possible fermeture de la maternité : « Nous n’avons rien dit à ce sujet». Oui, c’est bien le problème, le maintien de la maternité n’a pas été signalé. Aucun élément concret ne peut aujourd’hui assurer les clermontois de sa pérennité.

De surcroit, le contexte général n’est pas réjouissant. Le gouvernement poursuit une politique d’asphyxie budgétaire (commencée par feu l’UMP) à tous les niveaux, notamment celui de l’hôpital public. Ainsi la Ministre de la Santé a-t-elle annoncé quelque trois milliards d’euros « d’économies », dont 860 millions issus de la « maîtrise de la masse salariale », ce qui doit se traduire par la suppression de 22.000 postes.

C’est pourquoi le combat pour le secteur hospitalier et la maternité de Clermont continue. Il doit continuer ! D’autant que nos adversaires, notamment l’ARS, ne cessent de mettre des obstacles à cette lutte, en perpétuant les lenteurs, en éternisant les difficultés. La bureaucratie est un pouvoir gigantesque mis en mouvement par des nains disait Balzac.

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Parmi ces adversaires il s’en trouve un plutôt surprenant : le Directeur de la polyclinique Saint Côme à Compiègne. Du haut de sa polyclinique, le Directeur s’épouvante de l’existence de notre maternité. Le nombre d’accouchements y serait trop faible et elle coûterait trop cher. Quelle trouvaille ! Voilà des années que des menaces pèsent sur celle-ci, que les fonds utiles au développement de l’hôpital sont bloqués, que l’ARS laisse entendre que la maternité peut fermer à terme. Comment dans ce cas encourager les femmes à y accoucher ? Cela revient à demander à un coureur cycliste de monter le Ventoux avec une remorque de 10 tonnes.

Au-delà du dogmatisme fiscalo-libéral de cette attaque, cela révèle une forme de mépris pour tout ce qui n’est pas purement urbain. Il y aurait Compiègne, Beauvais et Creil, mais rien d’autre. Pas de vie possible en dehors de ces communes urbaines, pas d’infrastructures, pas de services publics.

À l’inverse, il faut nous battre pour des services publics de proximité dans ce secteur dynamique du centre-Oise. Il faut continuer la bataille contre les décisions absurdes qui étouffent les territoires péri-urbains. Cette bataille elle se mène maintenant !