Faire de la politique autrement, retour sur la Voix est libre.

FR3DC4Le Service public de l’audiovisuel est utile. Sans lui, aucun jeune picard n’aurait été invité à participer à l’émission La voix est libre. C’est une leçon. Il faut insister là-dessus, c’est important : sans le Service public de l’audiovisuel certains débats pourtant indispensables n’auraient pas lieu. C’est ainsi grâce à France 3 Picardie, chaîne publique, que 4 jeunes picards ont pu débattre librement de sujets politiques locaux et nationaux.

Je remercie chaleureusement le personnel de France 3 Picardie : techniciens et journalistes. Leur accueil est digne des valeurs du Service public.

J’ai reçu pour ma part, comme suite à l’émission, des messages de sympathie et des encouragements, y compris de citoyens qui ne partagent pas spontanément mes convictions politiques, mais qui ont reconnu une certaine franchise et clarté dans mes propos. Les différences n’empêchent pas le respect parait-il.

Il me semble important de revenir sur trois points : d’abord, il est impossible de considérer le problème de la jeunesse indépendamment des autres. Le problème de la jeunesse c’est d’abord la puissance du système de reproduction sociale. Ce système héréditaire qui voit le parcours des jeunes déterminé selon les ressources économiques et culturelles de leurs parents. Le problème posé aux jeunes est un problème posé à la société toute entière : c’est la reproduction des inégalités. On ne changera rien au sort des jeunes sans régler ce problème.

FR3DC3Ensuite, face aux diverses mesures prises par les nouveaux maires du Front National, que dire? Avant tout qu’il s’agit d’une gigantesque diversion. L’exemple de Villers-Cotterêts est éclairant : aucune alternative de gestion publique locale n’a été proposée. Le FN se rend bien compte, confronté à la gestion concrète, qu’il ne produira aucun miracle, et surtout que son discours de campagne l’enferme dans une logique de contraction de l’investissement public local. Alors il produit des subterfuges, et des diversions, pour que nous ne pointions pas son vrai problème : son incompétence lorsqu’il s’agit de répondre aux besoins de la population. Le Front national opère une diversion symbolique (ne pas commémorer) pour masquer un vide concret.

Enfin, il faut dire une chose : nous n’intéresserons pas les jeunes à la politique si nous ne leur donnons pas accès aux leviers du changement politique, économique et social. Les jeunes de 18 à 30 ans doivent être associés aux exécutifs des collectivités, et pas seulement pour s’occuper de la jeunesse ou de la citoyenneté, mais pourquoi pas des finances, de l’urbanisme, du logement… Cette bataille du renouvellement s’engage dès maintenant, à l’appui d’une réflexion sur le renouvellement de nos pratiques, de la façon dont nous parlons à la population. Probablement doit-on intégrer que la vie politique a bougé, comme les rythmes de vie, comme le rapport à l’information, et que la spontanéité et la liberté doivent primer dans nos engagements.

J’essaye pour ma part à Clermont, d’agir en ce sens, à l’appui de mon engagement d’élu. Je le fais car c’est nécessaire, et surtout conforme à mes convictions.